mardi 22 mai 2012

le miso, ferment de la culture japonaise

Takahashi san enseigne le "repas japonais " à l'université d'art et de design  de Kyoto et invite régulièrement des professeurs spécialisés dans tout ce qui touche à l'alimentation traditionnelle japonaise.
Aujourd'hui c'est une grand mère pêchue qui va nous guider dans la production du miso maison.
Tout d'abord elle nous explique que les recettes en cuisine ce n'est rien , nous sommes réunis aujourd'hui tous ensemble et la connaissance passera par l'expérience commune que l'on vivra. ce sont nos doigts et notre cœur qui devront inscrire la recette dans nos mémoire et non quelques ingrédients sur un papier.
La nourriture est vivante , surtout le miso véritable bassin de bactéries qui évoluent à chaque instant, aussi cuisiner cela commence par aller chercher soi même ses ingrédients, rencontrer ceux qui les font , c'est rentrer dans l'expérience de la cuisine, en choisissant des ingrédients de vie .
On prend des légumes de saisons, au printemps ceux ci nettoient notre corps des excès de l'hiver ( senzai, fuki take..). Il faut suivre la vie, médecine naturelle. Pour aviver notre appétit les parfums du printemps se font séduisants contrairement à ceux de l'hiver plus acres mais aussi généreux comme le daikon ou les daizus.
Manger local permet de cotoyer les producteurs , de ramener la conscience de vie dans notre assiette. C'est aussi permettre une adaptation naturelle du corps aux plantes consommées qui renferment avec le temps le plus de vitalité.Cela crée les terroirs.
Si on arrête de consommer le terroir on perd son identité en tant qu'homme lié mais aussi dépendant de la terre nourricière . On devient landless.
On doit toujours se poser la question de savoir d'où vient la nourriture que l'on mange, comment a t'elle été faite et refuser la nourriture sur- industrialisée ou délocalisée qui ne peut être considérée comme une nourriture appropriée à notre corps.
Le sel est un ingrédient nécessaire à la fermentation, les japonais pensent que c'est l'origine de la vie , le Japon se considère comme une culture de vie car les japonais consomme cette alimentation fermentée depuis des siècles.
C'est inscrit dans leur corps mais aussi dans leur manière de penser, tout est transformation, impermanent , la vie est mouvement.
Il n'y a pas d'ingrédients réellement bons ou mauvais ( au delà des excès cités ) , nous sommes un organisme en constante transformation, en constante fermentation , unique dans son équilibre et son déséquilibre et c'est en écoutant son corps , son intuition , son jugement que l'on peut lui donner ce dont il a besoin et qui évolue aussi en fonction des circonstances ( physiques mais aussi émotionnelles, géographiques...)
Le miso maison est sympathique mais cela ne vaudra jamais les miso traditionnels qui sont fait dans des lieux à forte concentration de bactéries.
Pour la leçon d'aujourd'hui nous avons reçu la Koji du Korihiku , du nord du Japon, réputé pour avoir les meilleures bactéries :
Ingrédients : haricots 800 g / Koji 1kg / sel 500 g / bouillon 600 cc
On cuit les haricots 3 heures à l'eau ( démarrer à froid);
On les mélange au sel et au koji ;
On écrase les haricots au suribashi ;
On pétrit ensuite moitié sel/koji et moitié boules , avec le centre de la main , sortie du Ki, la force vitale. Selon la professeur ceci inssufle également de la force de vie à la nourriture , de la même manière si on cuisine avec le troisième oeil, celui du front et que l'on se concentre , on aligne naturellement nos chakkras et c'est tout notre corps qui se trouvé lié à ce qu'on cuisine par le tandem.
On ajoute petit à petit du bouillon de cuisson pour arriver à une consistance argileuse et on fait ds boules que l'on jette dans une jarre en terre , et que l'on applati régulièrement.
On laisse 15 cm pour mettre un plastique et une pierre dessus, il faut faire très attention à ne pas laisser d'air.
Ce miso sera à consommer un an après au moins et jusque 3 ans après sa fabrication.

Aujourd'hui c'est aussi jour de fête car on ouvre le miso de l'année dernière , deux jarres pour deux goûts différents , l'un est digne d'un grand munster ! un vrai régal, l'autre a un goût plus insipide , de l'air est passé et la fermentation ne s'est pas épanouie correctement.

cliquer sur la légende pour voir l'album de l'atelier 
https://picasaweb.google.com/116033153591906076026/LAtelierMisoAKyoto#slideshow/5745029852969374018ende


La cérémonie du Thé de Nakazawa san

 Nakazawa San est un maître de thé de son temps. De la plus pure tradition Omote senke et ayant étudié avec les plus grands il est devenu une figure emblématique de cette école.
Mais  il est surtout celui qui veut ramener les japonais à leurs origines en amenant les cérémonies de thés  dans les entreprises .
Un rebelle à sa manière, en croisade contre les repas tout fait et les conversations entre deux coups de fil. Il réapprend aux japonais ce que c'est que de prendre son temps et de  faire la conversation pendant que l'eau chauffe à petites braises, il les réconcilie avec le temps de la contemplation face à un ikebana ou un poème évoquant l'impermanence inexorable des choses ... et ils adorent.
Il prépare aussi les fameux cha kaiseki , à l'origine du kaiseki de nos jours où les mets qui sont servis sont aussi fait  pour attendre l'eau du thé ...tout un programme ,  une cérémonie en fait!
Nakazawa san m’emmène au pays des shoguns , je traverse les siècles pour faire des joutes de thés ( les touchas) comme au 15ème siècle ou simplement contempler un bol à thé Raku ( 16ès) qui révèle l'harmonie de l'imperfection naturelle, l'accident contrôlé.
L'évolution de la consommation  du thé en cérémonie  au Japon révèle de quoi les japonais  sont faits (même si eux même  l'ont oubliés ! ), un mélange de Shinto, de Tao et de zen , dans le silence de la contemplation et la conscience de l'ephémère, essence de  la cérémonie du thé.
Inspirée moi aussi , je m'empresse après notre rencontre de me rendre à la maison de thé de kamakura pour y déguster comme il se doit une wagashi et un macha absolument et simplement bons.
( je recommande cette  adresse située derrière Komachi dori,  maison  qui dépend de la société Sablé et qui  propose un set d'environ 600 yen pour un macha et une pâtisserie de saison)
nakazawasoju.jp


samedi 28 avril 2012

Dans la montagne de Kyoto




C'est au café Millet que nous avons commencé notre excursion vers Miyama , dans un très bel endroit tenu par Juri et son mari , dans la maison de son enfance où ses parents vivent encore.
Ils ont rénovée l'endroit pour en faire un café et un lieu d'ateliers, principalement de pain car ils ont un four traditionnel où david et Junpei sont  déjà venus. Ils proposent également une cuisine végétarienne et comme à Kamakura yama, différentes journées ateliers en fonction des amis qui passent aux talents tous différents;


Ils ont décoré cet endroit avec un goût certain , un mélange de campagne française et japonaise le tout enveloppé d' une touche de design contemporain et on s'y sent vraiment bien. Avant de repartir Juri nous a offert un genre de pain gâteau à la banane et aux épices , un vrai régal pendant que son mari mettait en pots le shiokoji ( sel à base de riz fermenté dont j'ai donné la recette) qu'ils vendent en boutique.


Ils font partis de cette génération tranquille qui reviennent dans l'élégance aux valeurs authentiques du Japon, et plutôt que de s'inquiéter de la radio activité vivent déjà autrement , dans le plaisir de dessiner le nouveau japon.

Nous sommes allés ensuite voir Ryoco , une autre amie de Ken chan  qui vit elle , également avec son mari , dans une maison auberge rénovée dans la plus pure tradition japonaise jusqu’à"au bain chauffé au bois avec vue sur la montagne.


Ils ont aussi un potager shizen nohou et propose une cuisine simple dans leur café quand la maison n'est pas louée à la semaine. Ils cherchent à réduire leur énergie électrique au minimum et se chauffe au bois grâce à des poêles européens! et utilisent l'eau de la mini rivière devant la maison pour générer la lumière extérieure grâce à une roue de bicyclette customisée... ça cherche, ça cherche .. en tous les cas on peut pas trouver mieux dans le genre post nuclear zen!


Cette maison fait partie de tout un réseau à Miyama qui comprend également un village agricole dédié aux écoles et divers potagers bio avec des chalets à louer ,

Miyama est aussi l'endroit des maison aux toits de chaume, Kabuyaki mura et des petites auberges de soba de grand mères qui ne payent pas de mines mais qui sont délicieuses!

vendredi 27 avril 2012

Les yubeshis de Kyoko


j'ai rencontré Kyoko au temple de Sojiji quand Kogayama san , le tenzo du temple a ouvert ses cuisines aux laïques une fois par mois. Nous avons suivi sa classe durant 3 ans puis une fois fermée nous avons continué à nous rencontrer une fois par semaine pour des sessions de cuisine shojin, traditionnelles ou de notre cru!
Aujourd'hui Kyoko m'apprend à faire les yubeshi, spécialité sucrée et salée que peut de japonais connaissent encore moins cuisine .On les achète très cher dans les patisseries japonaises de renom car faisant incontestablement partie du patrimoine culinaire japonais.
C'est au départ une recette de terroir , tout comme les kakis séchés qui s'est toujours fait dans les campagnes par les femmes mais dont la fabrication disparait avec cette génération .
On fait les yubeshi en hiver et plutôt dans les régions froides et on les suspend quelque temps dehors dans le même esprit que les kakis.
Recette :
Pour les deux on décalotte le yuzu et on le vide tout en gardant le fruit vidé.
Le salé : aka miso ( miso rouge), mirin, sake, pignons
Mélanger le miso rouge avec un peu de mirin et de sake jusqu'à satisfaction;
Faire griller les pignons ;
Mélanger le tout et remplir le yuzu au 2/3 du yuzu.
Faire cuire une heure à la vapeur , laisser sécher , envelopper dans du papier puis le suspendre dehors pendant un mois.
Le sucré: shiro miso ( miso blanc), mochi kome concassé ( riz glutineux )ou poudre de riz, jus de yuzu, sucre.
Mélanger le jus du yuzu avec un peu de sucre et le shiro miso et ajoutre un tiers de mochi concassé ( à acheter comme cela ) ou de poudre de riz.
Faire cuire une heure à la vapeur et comme pour le salé le suspendre dehors mais moins longtemps : environ deux semaines seulement.

lundi 5 mars 2012

Daizu revolution: le miso de kenchan

Kanzawa san habite à Chiba et cultive avec sa femme Kaoru , les haricots de soja ( daizu) . à tout Kan chan est un designer et il a décide de changer de vie il y a un an et demie pour cultiver ce qui participe à l'âme japonaise après le riz, le haricots de soja! ,
Son fils de quinze ans Rinpei a décidé d'arréter l'école et depuis i qu'ils sont "installés " ( c'est quand même très roots , pas d'eau chaude, pas de toilettes raccordées, et pas de chauffage cela va sans dire) ils s'occuppe admirablement à faire des objets elctrique avec ce qu'il trouve autour de lui ( lampes , baffles audio ) et il est vraiment doué, le plus petit continue l'école .
Kan chan est comme beaucoup de japonais que je connais qui est conscient de la gravité de la situation mais ne veut pas fuir devant sa part de responsabilité .
Il essaye plutôt de proposer à son niveau un mode de vie pour lequel moins d'énergie sera necessaire et il est également très proches des projets liés à la culture du chanvre censé nettoyé les sols de la radio activité . Il est lui même en train de demander un elicense afin de tester in situ ce qui pourrait devenir l'espoir du Japon.

Il y a 200 espèces de haricots de soja et en arrivant Yuko et son amie , écossent les graines de petits haricots noirs séchés ( mini kuro mame).
Aujourd'hui on fait le miso et hier c'était la récolte du shoyu ( sauce de soja) que nous fait gouter kaoru.
Pour le shoyu on prend des haricots de soja que l'on fait bouillir , on ajoute du koji de blé ( mugi koji ), le koji est un riz pré fermenté, du sel et de l'eau et tous les trois jours on remue... pendant 8 mois et c'est prêt .
Alors c'est sur c'est du boulot mais c'est vraiment une tuerie , cela n'a juste rien a voir avec ce que l'on achète , l'umami nous éclate en bouche.
Kaoru s’occupe à temps plein des daizus et les vend sur les marchés, ils font également fabriquer du nattou dans une entreptrise de Miyagi dont la bactérie est très bonne. Ils font ce nattou avec 3 sortes de leurs haricots.
Sinon il font aussi un peu de millet qu'ils font sécher à l'ancienne dehors.
De l'éta à l'automne on fait les edamame, ce sont les jeunes haricots encore vert que l'on fait bouillir . On peut en faire de toutes les sorà partir des kuro mame.
Pour faire du kuromame cha on fait sécher les kuro mame deux mois et ensuite on les torréfie.

Au déjeuner c'est le sake kasu de saison que l'on retrouve dans tous les plats:
le sake kasu est ce qu'il reste après avoir fait le sake et comme à côté il y a la fameuse distillerie terrada honke , qui n'utilise que du très bon riz , et koji pour leur sake , le sake kasu est aussi excellent.
Donc au menu nous avonps u goûté:
De la kasujiro , miso shiro faite de sake kasu , poireaux, carottes, tofu, gobo, choux, et miso;
Du sakekasu ae salada: carottes , patate douce et daikon bouillis mais encore croquants avec une sauce au beurre de cacahouète et sake kasu ;
des tsukemonos de kikuimo ( entre le gingembre pour la forme et la pomme de terre au goût ) que l'on a fait macérer dix jours du sake kasu, mirin et un peu de sake.
Des satsumae imos sucrées et sautées au sésame noir
tout cela accompagné d'un très bon riz moelleux à souhait , ni trop ni trop peu.
Au coin du feu de cette chaumière de 150 ans d'âge on redevient des humains qui partage ensemble le repas, hereux d'un tel festin!

Ici ils font aussi leur vinaigre de pommes: mixées les pommes pus laisser fermenter une année, et si on met du sucre cela fera du cidre, d'autres y avaient pensé!
et maintenant pour la recette du miso:
On fat cuire pendant 4 heures au feu de bois ( c'est mieux ) les haricots de soja puis on les égoutte.
dans les daizus il y a de la saponime ( pas certaine du mot exacte) et on se sert de l'eau pour se laver les cheveuxou en boisson , quand ils sont bios les haricots sont très sucrés et rendent une eau agréable au goût. Sinon quand cela refroidie cela forme une gelée dont on recouvr( ait ) traditionnellement les murs des chaumières ( mais comme il n'y en a plus , de chaumières...)
On prendra soin de laisser refroidir les haricots avant de les mélanger à la Koji sinon les bébêtes risqueraient de mourir .

Au japon selon ls régions on utilise du koji de blé ( mugi ) plutôt dans les régions chaudes et du koji de riz , dans les régions plus froides.

Les proportions sont pour un kilo de haricots secs ( trempés une nuit et bouillis) :
entre 350 et 400 gr de sel / 1 kg de koji / 5à g de iso déjà fait pour aider les bébêtes à se reproduire mais ce n'est pas obligé)
On peut aussi choisir entre la genmai koji et koji de riz blanc.

On mélange le sel avec la koji en effritant bien les grains puis on ajoute les daizus et on mélange bien à la main pour que nos bébêtes se mélangent aux bébêtes de la koji.
On met ensuite cette préparation dans la machine à steak si on compte faire plus de 10 kilos sinon un presse purée peut faire l'affaire.
On récupérer la pâte et on fait des boules que l'on place au fond d'un grand sceau.

On prépare un bac dans lequel on met un plastique et on jette littéralement les boules dedans afin qu'elle s'écrasent sans laisser passer d'air. Entre deux rangées on appuie à la main tasser. et on continue le lancer de boules!
On ferme bien son sac en entortillant bien le haut du plastique qui doit dépasser et on y met dessus un sac de plastique renfermant du sel, ceci pour éviter la moisissure qui se forme au contact de l'air.
On conserve le miso toujours à moins de 26 degrés afin d'éviter un développement excessif des bactéries qui le rendrait trop fort.
Pour faire du shiro miso on met 30 pour cent de koji en moins et on conserve le miso au frais pour arréter la fermentation dés qu'il est prêt.
On laisse fermenter en moyenne un an mais il y a des miso de trois ans plus fort en goût.
En gros le miso il y en a autant que des fromages et de chaque région , de chaque artisan sortira un miso différent.

Le 18 mars prochain il y a la fête de la fermentation à Shimousa kozaki "okura festa" qui rassemble chaque année 40 000 personnes , tous fan de fermentation et de tradition.
Cette fète a été initiée je crois par Terrada honke , également basé dans la région et très connu auprès des férus de bon sake !

Kanchan m'explique que le Japon est le pays de la fermentation qui de fait rend la nourriture vivante ( grâce aux bébêtes!)
On fait le miso en hiver quand la nature hiberne , au printemps ça se réveille et les bebètes aussi , en été c'est la fète avec un taux d'humidité de 70 pour cent qui multiplient les bactéries , en automne on se calme et en hiver dodo.
cette vague des saisons donne le bon goût à la nourriture fermentée, encore aujourd'hui , base du repas japonais ( nattou, shoyu , miso).
C'est certainement parce que la fermentation existait tait déjà avant l'arrivée du bouddhisme que la notion de nourriture vivante est si bien "cultivée" au Japon .

Le site de kanchan http://www.toziba.net/

Faire son marché à kamakura

C'est pour ce marché que j'ai déménagé il y a trois ans à Kamakura sans savoir qu'il m'amènerait à reconsidérer complètement ma notion de l'argent!
Faire les courses pour donner un cours de cuisine ou un buffet , en profiter au passage pour se nourrir puis avec l'argent reçu choisir les légumes qui me permettront de transmettre dans le plaisir , a donner un tout autre sens à celui que je donnais à l'argent.
C'est tout bête mais avec les marchés on rencontre les gens qui ont planté les graines des légumes , en discutant avec eux on se rend compte qu'il faut 3 mois pour celui ci, moins pour celui là, que cette semaine il a fait trop chaud donc les potirons c'est fini, on s'inquiète avec eux des prochaines gelées , bref on est en live et quand on se rend vraiment compte de tout le travail et de la nature et des hommes qui on aidé cette salade à arriver là , et bien on ne la regarde plus pareil sa salade et on est content de la payer !
" Faire " de l'argent avec pour objectif de le "garder" est un concept qui me semble très dangereux et contraire au rythme de la vie , le recevoir en sachant qu'il nous ait donné pour le faire circuler en toute liberté de conscience est à la fois une grande responsabilité et un grand privilège .
Choisir de donner ce qui va permettre à d'autres de continuer leur travail après que l'on m'ait donné l'occasion de faire le mien me donne une place essentielle dans le monde, celle de le créer, ou en tous les cas d'influer sur la direction qu'il prendra ;
Et si je m'autorise quelquefois, quand je ne m'aime pas , à acheter de la nourriture industrielle déconnectée des hommes et de la nature et bien c'est justement parce que je ne 'aime pas mais je sais que dans ce cas je n'arrange pas non plus les affaires du monde!
Tout est lié et j'ai le choix de continuer le flux de la vie ou de l’arrêter ,
et ça c'est à kamakura que je l'ai appris

dimanche 26 février 2012

Une tête de lapin qui fait des fraises, c'est ça l'agriculture naturelle!

Aujourd'hui à kamakura yama , keiko inaugurait son premier atelier d'agriculture naturelle ( shizen nohou) apprise avec matsuoka à Nara et après 10 ans de pratique d'agriculture bio dynamique en Italie. (http://yama0467.jimdo.com)

L'agriculture naturelle a été pensée par Masanobu Fukuoka , mort il y a quelques années seulement.
Sa philosophie est de laisser faire la nature , selon lui les graines doivent être lancées et non semées. C'est par une écoute profonde de la nature que l'on doit sentir où telle plante se sentira bien.
Mais cette manière de faire est plus un concept qu'une pratique et c'est Kawaguchi san avec d'autres qui l'exprimèrent de manière plus réaliste.


Les grandes lignes de cette agriculture sont:
- Ne pas bêcher ni arracher le smauvaises herbes
- Ne ne rien ajouter ni retirer à la terre

Contrairement à la permaculture où il est permis d'amener des choses extèrieures au jardin, tel que du fumier, des tatamis, ou des lombriques , l'agriculture naturelle n'autorise aucun "inpu"t.
Pour ce qui est des toilettes compost , également très utilisées dans la permaculture , kawaguchi l'a expérimenté avec les gens dont la maison était sur le potager , mais même si les humains ne sont pas un input en soi , ce qu'ils mangent le devient ( nourriture extèrieure au potager, médicaments) et il trouva que cela donnait un gôut au légumes .
Dans la logique de l'agriculture naturelle on pourrait se servir de ces toilettes si on ne consommait que ce qui vient du jardin ce qui de nos jours est impossible.
Les légumes sont donc moins gros qu'en permaculture mais au fur et à mesure des années grossissent tout en en nourrissant le sol à la manière " juste " de Fukuoka , c'est à dire naturellement .

Philosophie :
Mais l'agriculture naturelle c'est surtout une appréhension de la vie qui passe par la contemplation de la nature et le lien qui nous y lie. C'est revenir à la question essentielle de ce qu'est la vie et comment la preserver du mieux possible.
C'est préserver le cycle des saisons et la force naturelle qui rend les plantes plus fortes à chaque saison grâce à l'harmonie naturelle du terrain.
C'est nous inscrire dans cette logique d'evolution en respectant nous aussi les cycles naturels , dans nos activités quotidiennes .
C'est une manière de vivre qui au delà de l'agriculture nous aide à inscrire notre propre energie en accord avec notre environnement et qui devient un outil intuitif face aux engagements à prendre.
C'est aussi un moyen de renverser la logique d'acquisition des biens et de percevoir l'argent comme un engrais , plutôt que comme une chose à acquérir ,
Shizen Nohou ouvre à une réflexion globale sur nos sociétés et notre manière d'agir , et la catastrophe nucléaire permet d'accélerer cette réflexion avec l'espoir de pouvoir agir individuellement, dans son potager!

Problématique:
Dans l'agriculture aujourd'hui au delà de tous le sproblèmes ce sont les graines qui causent le plus d'inquiètudes car avec elles c'est l'avenir de la bio diversité qui est en jeu.
Les graines sont les garantes de la santé de l'humanité mais la plupart des graines actuellement vendues sont des hybrides faites pour donner beaucoup de fruits mais qui ne peuvent se reproduire.
Leur potentiel de vie est donc amoindris et le nôtre avec ce qui a certainement un lien direct avec le nombre des allergies croissante des nouvelles générations.
Créer des banques d'échanges de graines fait aussi partie de la philosophie de l'agriculture naturelle mais en premier lieu récupérer les graines des fruits cultivés et continuer à les replanter est essentiel ( cf seed savors handbook web site) .

Technique :
Pour démarrer un potager naurel , on commence par faire des monticules et des rigoles afin de faire couler l'eau.
On choisit aussi son design ( rond, en spiral, en rangées ) selon les degrés d'inclination avec le soleil et la plante que l'on veut cultiver, mais aussi en se laissant aller à sa créativité qui fait partie de la pratique ( intuition naturelle) .
Aujourd'hui c'est une tête de lapin que nous allons faire pour y planter des fraises au printemps.
On nettoie d'abord les mauvaises herbes à l'aide d'une serpette mais sans jamais arracher les herbes, ceci est très important.
On plante ensuite quelques batons pour se repérer et on creuse des rangées autour, d'environ 15 cm.
On ajoute ensuite le compost préparé par toutes les épluchures ménagères redevenus terre après 6 mois environ .
Une fois bien tassé on met du son de riz mais du son de blé peut fonctionnet selon keiko , bien qu'elle n'est pas essayer.
Et enfin on ajoute les herbes coupées sur le dessus.

Cette préparation se fait en janvier , février jusqu'au printemps , on laisse en friche un à deux mois.
Ensuite on plante du trèfles ou des haricots et après quelques semaines on amène les plantes pré elevés en pot et d'une hauteur d'environ 2 cm.
la raison de cette préparation c'est que les mauvaises herbes qui auront repoussées ne laisseraient pas la place aux graines de se former .
En revanche, déjà préparer et grâce à la protection de trèfle , elles pousseront en paix.

Pour " guérir" des terres fragilisées par de la radio activité ( au hasard ) on peut faire de l'engrios à base de certaines plantes et le mettre à la place du compost ou à mélanger.
On peut aussi faire pousser des plantes " detox " telles que le tusli ( holy basil à où dans l'idéal du chanvre.
les mauvaises herbes sont les bienvenues en agriculture naturelle et on ne les arrache surtout pas , elles nourriront certains insectes autour des plantes , on ajoutera en revanche des plantes compagnons , qui elles aussi divertiront les insectes et autres " gourmet".

Un lunch tout en poésie :
Après avoir fait notre lapin, nous avons été cueillir des fukis que keiko nous a servi au déjeuner en tempura et en goma ae , ainsi qu'une délicieuse salade mélangée du jardin.
Les légumes de saison sont essentiel à notre équilibre et ar exemple tout ce qui est donné par la terre à l'arrivée du printemps sert de " détox " au cors après les reserves de l'hiver , les fukis remplissent cette fonction au delà d'être délicieusement parfumés.

Fuki goma ae:
Faire bouillir les fukis dans un dashi de konbu une minute environ puis les essorer, mettre de l'huile de sésame grillé, du sel et du sésame en pâte ( surigoma).
Fuki tempura :
Faire une pâte de tempura avec de la farine , de l'eau et des glaçons , et les servir avec un bon sel.

Et pour notre inspiration poétique ( tankas) Yoshiko avait préparé un gâteau au brimbelle et chocolat ainsi qu'un pavé chocolat et dattes.