samedi 26 novembre 2011

Keiko et le Holy basil



Hier le "kamakura Inaka deluxe theater" a organisé un workshop sur la plante de Holy basil.
C'est une plante médicinale ayurvédique qui est considérée comme la reine des médicaments en Inde.
Keiko a habité 17 ans en Italie dans une communauté d'agriculture bio' eynamique et était aussi cuisinière dans un restaurant de pâtes. Elle est revenue au Japon il y a 3 ans et étudia avec le professeur Kawaguchi à Nara, suiveur de Futusoka, créateur de l'agriculture naturelle au Japon.
Depuis 2 ans maintenant elle s’occupe du potager de kamakura et essaye de promouvoir le holy basil sous toutes ces formes.
Il y a 3 plantes de cette famille qui rentrent dans la médecine ayurvédique , Rama, Krishna et Veda et elles ont chacune des propriétés médicinales spécifiques.
En thérapie ayurvédique où l'on choisit telle plante plus particulièrement pour rééquilibrer la santé d'une personne ou plus généralement dans un état d'esprit préventif , le Holy basil est la déesse des plantes.
Dans cet atelier , choisit à la date de la pleine lune , on arrache les pieds des holy basil qui ne durent qu'une année pour les faire sécher et replanter au printemps.
Le holy basil est bon pour purifier l'air et il est conseillé de garder un pot dans sa chambre la nuit durant la floraison (6 mois de l'année).
Pour célébrer cette cueillette, un concert improvisé au milieu des champs un peu de amazake et quelques douceurs vegan dont les délicieux cheese cakes et cookies de yoshiko chan ci dessous et quelques autres de mon cru sur lacuisinedevalerie.blogspot.com.Tout cela aromatisé au Holy basil bien sûr!
Les cheese cakes:
La pâte à tarte :
140 g d'amandes ( préalablement trempées 6 heures)
140 g de dattes
une pincée de sel
mélangé au robot et faire durcir une heure au congélateur puis l'étaler dans un petit moule à tarte .

L'appareil à la vanille ( c'est nul comme nom , l'intérieur quoi!)
300 g de noix de cajou ( trempées 2 heures avant)
100 g d'huile de coco
4 càs de jus de citron
2 càc d'essence de vanille ( mais en France moins certainement)
140 g de sirop d'agave
2 pincées de sel

Tout mélanger au robot et conserver au congélateur;
retirer la tarte une à deux heures avant de servir selon la température de la pièce .


Pour la version chocolat :
Mélanger au bain marie le chocolat avec un peu de lait de soja et ajouter à la pâte puis mélanger le tout.

Et le soir , autour du dîner fait entre autre de "vegemaito", produit végétalien à faire sauter nous avons pu goûter aussi les tsukemono de keiko qui a une recette originale:
dans un contenant fermé mettre des légumes avec un peu de miso, du sel ( si on peut un peu de koji , le ferment de riz et du sucre ) puis on laisse macérer maximum une semaine les légumes qui deviennent des tsukemono.
On garde le jus pendant plusieurs semaines en y remettant régulièrement des navets, carottes, concombre, choux qui seront prêts en quelques heures

La Voie du Pain

Junpei a crée la boulangerie "Paradise Alley" à kamakura au milieu du marché couvert;
Junpei a été le premier des habitants de kamakura Inaka deluxe , et c'est ensemble avec David, qu'ils ont commencé ce projet d'agriculture naturelle;
Junpei fait aussi partie du Cosmo café et c'est lui qui a dirigé les travaux du four à bois à Iwashi;
Junpei organise des concerts avec ses amis dans le Tohoku pour donner du baume au coeur à ceux qui ont tout perdus et partager avec eux l'essentiel retrouvé;
Junpei est très calme, il vous regarde comme un vache ,et c'est pas moi qui le dit mais son grand ami David...
mais les vaches sont sacrées en Inde!
Junpei est un artiste , il fait du pain comme d'autres de la peinture et crée des pochoirs pour dessiner son écriture;
Junpei est très pessimiste sur l'avenir du Japon avec tous ses dechets qui sont jetés partout, il pense que tout le monde sera malade d'ici une dizaine d'années car tout sera contaminé.
Pourtant comme beaucoup ici cela ne l’empêche pas d'être heureux et de partager son pain .

Junpei est devenu Boulanger naturellement , sa maman étant une grande cuisinière il a toujours connu les fourneaux comme faisant partie de sa vie.
Mais c'est la fermentation, qui le fascina, et qui lui fit choisir la voie du pain.
Mettre du ferment dans le pâte et la faire lever pour créer du pain est un concept qu'il rapproche de la Kulture, c'est comme mettre du ferment dans un pays grâce à la musique, peinture, cuisine qui donnera à ce pays sa spécificité et il pense que nos dirigeants ne sont pas assez vigilants avec les ferments qu'ils choisissent car il y a des bactéries qui crée la vie et d'autres qui la tuent...
Faire attention à ce qu'on met dans sa vie est aussi important, c'est la culture de soi...
La culture pour Junpei est un concept qui touche à la vie et à sa capacité de grandir .
Et parce que tout se fermente au japon , Junpei fait un délicieux sirop fermenté :

le Kosou juice
Mettre tous les fruits frais et feuilles de saison, du konbu, du sucre ou de la mélasse ( 10 pour 11 de sucre) et laissé fermenter deux semaines.
Il l'utilise en été sur les kakidori ( glace pilée) ou en sirop avec de l'eau. Quand on prend du sirop il est bon de le mélanger avec son doigt pour que nos ferments ( bactéries) se mélangent à ceux du sirop.
Selon que l'on fait le sirop en hiver ou en été cela donnera un goût totalement différents car les ingrédients seront différents.

Il m'a expliqué que le " nyusankin " est un excellent fertilisant. Cette technique est encore très utilisé chez les anciens à la campagne. A Okinawa ils mettent du riz dans la forêt et attendent qu'il moisisse , ajoutent de l'eau et de la mélasse, du son de riz ( komenuka) et attendent 2 semaines avant d'en saupoudrez les sols.

Voilà c'était le post sur Junpei
I love the guy!

mercredi 23 novembre 2011

le laché prise zen

Nakano san était le responsable du zazen au temple Sôjiji quand j'ai commencé en 2003 et c'est avec plaisir que je l'ai retrouvé pour déjeuner.
Beaucoup de moines se sont vu dépourvus quand les gens vinrent les voir pour les aider à trouver un sens à cette folie et Nakano san dont le travail est d'enseigner zazen aux moines dans les temples et leur offre un espace de parole.
la questions restent entière, y a t'il un sens à tout cela? que doit on faire? quelle est la solution pour le futur?
Au fur et à mesure de la construction de cette énergie invisible qui se crée entre deux personnes dans le mélange de leurs intuitions, réflexions, nous avons pu dialoguer et cet échange fut pour chacun très inspirant ;
je lui racontai comment ma vie s'était mise en mouvement depuis ce fameux dimanche ensoleillé ou la gratitude et la joie étaient autant présentes que l'imminence d'un drame fatal. Et c'est pour rester dans cette réalité de l'impermanence seule créatrice de l'expérience de vie
Le sens que je trouvais à tout cela c'était celui du réveil et de l'urgence de vivre ici et maintenant.
Il n'y a certainement aucun sens , ce qui est une des réalités du zen, mais avoir le sens qui vient à soi devient la vérité me dit il, content que je partage cette expérience avec lui ;
Il a fait pas mal de recherches et m'a fortement conseillé de retourner en France , surtout avant la saison des pluies qui fixe la radio activité partout où elle se pose. J'ai réalisé avec lui que je pouvais avoir le cancer d'ici 15 ans, car je n'étais qu'à 350 kms quand cela a explosé .
C'est une réelle possibilité insista t' il et si ma vie est légitimement ailleurs , il faut partir.
Beaucoup de gens ne partent pas car leur vie est là où ils sont et que de toutes façons des désastres il y en a tout le temps et partout,
C'est donc une fine ligne entre la responsabilité de vivre et l'acceptation de sa vie qu'il évoque.
Lui ne part pas et moi je n'ai pas à rester.
Au delà des faits, le sujet s'est posé sur la réelle cause qui dépasse le Japon et le nucléaire;
A mon sens c'est le problème de l'avidité ( toujours plus d'argent en l 'occurrence avec Fukushima) que cela touche mais selon lui c'est la question de la volonté du contrôle des hommes sur la vie qui est en cause , l'illusion qu'ils ont de croire qu'ils peuvent maîtriser , diriger pour finalement pervertir dangereusement les effets naturels d'une action séparée du mouvement naturel.
Mais si nous nous transformons, si nous arrêtons de vouloir tout contrôler dans nos vie, nous arrêterons de produire des modèles de société qui ne sont que la projection de ce désir.
le zen c'est lâcher le contrôle que l'on croit avoir sur les choses pour participer au mouvement du monde , et zazen est l'outil de ce laché prise.

En repartant j'ai pensé à Krishnamurti qui a toujours dit que nous étions la société et par la même responsable de ce qu'il s'y passait , pour le meilleur et pour le pire...

Un déjeuner à Kamakurayama house

Un déjeuner à Kamakura yama c'est simple : c'est aller dans le jardin et prendre quelques légumes pour les cuisiner simplement entre amis , c'est goûter les merveilleuses soupes de mademoiselle Naoko, c'est manger l’excellent genmai du shikoku assaisoné bien sûr du mystérieux et délicieux shiokoji, sorte de sel fermenté.
Nous avons pu dégusté aujourd'hui une petite salade faites de feuilles variées du jardin à l'huile d'olive et vinaigre balsamique, des chingen sai à l'huile de sésame et sauce de soja et la fameuse soupe de daikon :
Faire revenir ail et oignon à la poêle, ajouter les daikon en rondelles de 2 cm.
une fois cuit mixer les avec du konbudashi et quelques feuilles de daikon.
Rajouter un trait de shochu , du gingembre et du lait de soja à la fin et servir bien chaud.

j'ai aussi découvert le Shiokoji: du sel fermenté dans le koji, ferment du riz dont on se sert pour faire les miso, cela donne une pâte très salée légèrement sucrée et c'est vraiment bien meilleur que le sel tout en étant aussi meilleur pour la santé , mais ça on s'en doutait! ( je précise qu'au Japon cette phrase est récurrente car quand c'est bon ici , cela veut surtout dire bon pour la santé !).
Mettre dans un bocal en verre une dose de sel pour 3 de koji et 3 d'eau , laisser fermenter 3 jours au moins puis deguster .

dimanche 20 novembre 2011

La classe de Yamaguchi san

Tout est là,
les bols à thés qui se font dans le silence et la concentration, un peu de thé, quelque pâtisseries d'automne,
non rien ne change.
Je glisse peu à peu dans cette immuabilité, où ma vie n'est faite que sur ce quoi mon intention et mes mains sont posées;
Faire des bols, comme la cuisine , me permettra toujours de plonger dans cette intemporalité si rassurante.
Aujourd'hui je ne sais ou se place l'impermanence tant les bols me ramènent TOUJOURS à cet espace.

mercredi 16 novembre 2011

Meg est une japonaise qui voyage beaucoup et est tombée amoureuse des cafés en Europe. elle fait une cuisine végétalienne appétissante et n'utilise que des produits naturels. Elle n'utilise pas de sucre blanc et autant que possible celui des fruits uniquement car elle pense que se rapprocher de l'équilibre naturel est ce qu'il y a de meilleur;
Comme Meg beaucoup de Japonais étaient déjà dans la conscience de préserver le naturel des choses, d’arrêter de le pervertir ( dé-naturer) et surtout de s'inspirer de cet équilibre pour apprendre à se retrouver.
Aujourd'hui , plus qu'hier, ces " réveillés " sont encore plus actifs et parlent, transmettent , apprennent , partagent pour nous aider à faire de la nourriture un bienfait autant qu'un plaisir dans la bienveillance necessaire au monde.

Les marchand de Nakano

Le temps ne bouge pas à Nakano et c'est un sentiment très étrange que d'être dans l'urgence d'inscrire ces lieux, ces gens qui semblent immuables et le sont depuis les 10 années que je vis ici.
Pourtant toutes ces échoppes vont disparaître.
Il n'y a rien de nouveau, les gens vieillissent et meurt et la génération suivante fera autre chose , on détruira les maisons et on en reconstruira d'autres.
Non rien de nouveau sur la planète, et pourtant , en 10 ans je n'ai jamais ressenti l'urgence de les inscrire dans une mémoire collective, je n'ai jamais ressenti l’imminence de leur disparition.
Etre dans la conscience que rien ne dure jamais, savoir qu' ici et maintenant une bombe nucléaire peut exploser ,qu' un tsunami peut arriver ou encore que le " big one" peut nous faire disparaître possiblement dans la minute qui suit , c'est ça le post nuclear zen syndrome;
J'en ai eu l'expérience en mars , mon corps animal l'a vécu , mon mental a regardé, et quand tout s'est arrêté j'ai aimé, j'ai aimé ce ciel, cette mer, ces oiseaux si tranquille, mes parents, mes amis , ma vie, tout ...
Maintenant je sais que chaque instant est à prendre car il est unique, chaque rencontre est un cadeau , chaque rayon de soleil, et je ne veux plus m'endormir dans l'illusion que tout va durer et gâcher ma vie à attendre qu'elle arrive.

mercredi 9 novembre 2011

Mari Fuji zen kitchen

Plats servis dans la tradition zen Rinzai et Soto avec ( la photo est inversée) avec le riz en bas à gauche et la miso shiro à droite seuls plats vraiment chauds car le reste se prépare avant .
chaque menu plateau est de saison dans la cuisine zen aussi ce mois ci Mari a préparé:


Goma doufu:
la version accélérée: 200 ml d'eau pour 30 gr de kuzu ( akizuki ) à mélanger dans de l'eau chaude + 2 càs de pâte de sésame blanc ( cela peut être noir si on le désire).
Faire chauffer à feu doux jusqu'à obtenir une consistance élastique. mettre un film plastique au dessus de 4 petits bols et séparé la pâte dans chacun d'eux; faire des poches bien serrées puis les plonger une demie heure dans un saladier d'eau froide et de quelques glaçons .
Pour servir, " démouler" les poches et mettre une pointe de yuzu koushyou .


kabocha goma ae:
Couper en cubes le potiron et le faire frire à la poêle;
faire une sauce avec 1 càs de pâte de sésame noire + 1 càs de mirin +1 càc de miso brun.
la mélangé aux cubes de potirons.

Hourensou to kikuhana norimaki:
Faire cuire 3 mns les épinards dans l'eau bouillante et blanchir 30 secondes les Kikuhana.
Avec un peu de sauce de soja presser l'eau des épinards ( shoyu arai).
Étaler sur film plastique et mettre les kikuhanas au milieu, rouler et presser;
poser une feuille de nori sur un carré de bambou puis poser les épinards sans le plastique et rouler avec le bambou.
Couper en tranches de 3 cms et assaisonner de dashi végétal relevé à la sauce soja.


Jyagaimo nori age:
Rapper une pomme de terre puis la passer au tamis pour retirer l'eau;
prendre une demie càs de cette pâte et la poser sur un petit carré de nori;
Faire dorer à la poêle en friture ;
Faire une sauce de 1/2 mirin et 1/2 sauce de soja et y tremper rapidement les nori age.

kabu salada:
Couper les navets en deux puis en fine tranches;
ajouter quelques feuilles émincées + quelques kiku hana fraiches +du konbu coupé fin au ciseaux+un peu de tougarashi.
Assaisonner d'un trait de osu ( vinaigre de riz) et de mirin.

kabutonyu soupe:
Couper les navets en 6 quartiers et les faire cuire dans du konbudashi/sel et sauce de soja;
ajouter quelques feuilles émincées de navets et à la fin du lait de soja. Mixer et servir.

shirokikurage ringo:
Faire tremper les kikurage dans de l'eau ( ingrédient chinois) et les faire cuire avec du sirop d'agave:
couper une pomme en lamelles et les servir avec le kikurage dans sa sauce en dessert.


Misoshiro:
200 ml d'eau pour 1càs de deux miso ( rouge et brun) dans du konbu dashi ( une tranche de konbu à faire frémir pendant 5 mns environ dans de l'eau);
faire revenir les aubergines finement tranchées dans de l'huile de sésame torréfié, ajouter de la poudre de sésame blanche ( on nomme ce goût Rikkyuri , car Sen no Rikkyu cuisinait beaucoup au sésame).


Awa gohan:
riz mélangé avec du millet fin et de l' umeshiso yukari ( poudre de prune ume et shiso ).

la réalité ou son reflet ?

Dans le jardin du Kodaiji , nous nous promenons dans un rêve illuminé ,
La sonnerie des messages du téléphone de Yoshiko vibre doucement;
le réacteur deux de la centrale nucléaire de Fukushima dégage des gazes inquiétants;
Nous regardons le reflet des arbres dans le lac qui vibre avec le vent.

Salade de feuilles de navets et patates douces

Petite salade fait avec les ingrédients du bord:
- patate douce ( satsumaimo)
- feuilles de navets
- queues de navets coupées en rondelles
- feuilles de recolla
- sauce: ail, gingembre, miso, su, huile d'olive, miel

Faire bouillir un peu les patates douces puis les faire revenir dans de l'huile d'olive avec un peu de sel;
Préparer la sauce en rappant du gingembre, émincer l'ail, mélanger le vinaigre de riz avec le miso et huile d'olive, ajouter l'ail et le gingembre et finir le goût au miel.

lundi 7 novembre 2011

Le potager naturel de Jun kun à Tokushima



Jun kun est un ami de Hayama qui comme beaucoup est parti du coin pour trouver un endroit plus clément.
Ce n'est pas tant la radio activité qui a fait que beaucoup de gens sont partis mais un sentiment d'urgence à réaliser ses désirs et pour Jun Kun cela a toujours été de trouver un lieu de vie où il pourrait avoir sa maison et son potager et vivre sans avoir à travailler beaucoup autrement qu'à ce projet.
Il est venu plusieurs fois à Inaka deluxe et s'est inspiré de l'agriculture naturelle mise en place par David , Phil et maintenant Keiko, aussi il était naturel que David et Keiko ait envie de lui rendre visite.
Il habite au fond de la montagne , sa maison ne se fait voir qu'après un chemin uniquement praticable en land rover et cela ne nous la fait apprécier que mieux!.
C'est un endroit magique où l'air est d'une pureté incroyable et où l'énergie de la montagne est très présente.
Jun kun a commencé son potager au printemps et il s'en nourrit déjà pleinement , nous sommes restés une soirée et une journée et ce fut un vrai cadeau que de le voir dans la maison qu'il a remis sur pied au milieu de son potager déjà si généreux.

kappa Dojo, a real zen life

J'ai rencontré Noda san quand il était le révérend en chef de Sôjiji avec 350 moines à gérer. C'est un homme rare dans le bouddhisme japonais d'aujourd'hui car il reste proche de la tradition zen originale basée avant tout sur la pratique zazen et le samu (ménage, potager et cuisine).
Les temples qui permettent une pratique de ce genre et les hommes qui les dirigent se comptent sur les doigts de la main et Noda en fait partie.
J'ai voulu le rencontrer pour me proposer comme aide dans son nouveau lieu où il cultive des herbes et cultive un potager tout en pratiquant zazen avec des gens qui ont besoin de se reconnecter à la vie.
C'est par un heureux hasard ( mais y en a t'il?...) que Nakamori san du Lucky island project m'a proposé d'aller avec lui à sa rencontre car il l'avait déjà contacté afin de lui proposer de participer au projet Lucky islands et celui de Inaka Deluxe avec le Holy Basil et un RDV était déjà pris.
C'est donc finalement en bande que nous sommes tous allés le voir dans les montagnes du Shikoku et ce fut une très belle journée.
J'y retourne fin novembre pour y vivre quelques semaines et recevoir toute l'inspiration nécessaire au livre, car ici je sais que le concept de vie propre à la cuisine zen se transformera en expérience.Yoshiko viendra certainement aussi en tant que spécialiste des plantes qu'elle utilise beaucoup dans ses massages ayurvéda et très intéressée par la cuisine shôjin également.
Noda a été enthousiasmé par le Holy basil il est prévu de revenir au printemps pour le planter et venir faire de la musique sur ces magnifiques xylophones que le Dojo fabrique à partir de la pierre striée de cette montagne.

Lucky islands Project

Ken Nakamori est un producteur gypsy qui en dehors de ses projets publicitaire s'implique dans des évènements bénévoles.
le lucky island project http://island.co-site.jp/Lucky/
est un projet qui s'est fait entre amis, principalement Miyamoto et sa femme, habitant d'une île dans le shikoku qui est en train de mourir car la moyenne d'âge de la population est de 80 ans.
C'est après le 3 mars que ce projet est née, après ce réveil glacé qu'à reçu tout le japon , qui leur a fait prendre conscience qu'en 30 ans le Japon a perdu beaucoup de sa culture et que si l'on ne fait rien maintenant il ne restera rien de traditionnel pour la génération suivante.
Des musiciens et artistes suivent ce projet, et c'est ensemble qu'ils réfléchissent à relancer 7 îles où la terre est fertile et la vie paradisiaque.
la première étape est d'amener des potager pensés en agriculture naturelle , c'est pourquoi Inaka deluxe s'est transformé quelques jours en caravane gipsy pour voir si il était possible de créer un Shima Deluxe en commençant par planter du Holy basil ! la réponse est oui.

mardi 1 novembre 2011

Inaka deluxe ground zero

Et voilà , me voici là où je dois être , c'est dans l'air , dans mon sang , tout est à sa place et moi avec.
J'ai été invité à partager la maison par mon amie Yoshiko qui s’occupe de la végéculture map de Kamakura et qui est une masseuse ayurveda .L'endroit est magique ,en pleine campagne, avec vue sur la mer et au loin l'île d'Enoshima.
Je rencontre Keiko , responsable du jardin, puis Go qui revient de kyushu et part à Hawai, avec ses théories sur la fin du monde et l'ère nouvelles que cela apportera, Goro qui importe du chocolat bio de cuba etc , les gens passent maintenant pour dîner, keiko a travaillé dans un resto italien et ça se sait! Ils se racontent ce qui bouge à Kyoto ou Okinawa , ils sont là pour partager, rencontrer ceux qui veulent changer le Japon en se créant une vie simple d'agriculture et d'entraide, et de plaisir de vivre.

Ils viennent ici pour le bonheur d'être ensemble, partager un repas entre gens de même esprit.
Entre deux rires des informations catastrophiques sur la centrale fusent , tout s'empire parait il , les débris sont en train d'être dispatchés dans tout le Japon de manière discrète mais efficace car ils passent par des sous traitants privés, sans parler des débris accessoires qui se rendent quasi invisibles.

Les conversations tournent autour de la manière de transformer la radio activité dans le corps de façon naturelle grâce aux pierres volcaniques du radium qui viennent de Fuji le dieu Shinto, le Holy basil que cultive Keiko censée aussi régénérer l’organisme, toujours cette foi profonde en la nature.
C'est la fin d'un cycle que l'on ressent avec le nouveau qui arrive et toute cette nouvelle énergie, les gens bougent, changent leur vie, déménagent , se font la vie qu'ils ont jusque là rêvée.
Cet espoir et cette énergie spirituelle est presque tactile, c'est comme quelque chose qui vous prend et vous emmène à faire ce qui doit Etre et raser le reste.On suit le mouvement et ça fuse de partout dans le calme et la bienveillance la plus zen!

Back to tokyo

Arrivée à Tokyo , sensation surréaliste que rien n'a changé, au point que je retrouve le sentiment oublié que là n'est plus ma place.
Les supermarchés sont exactement remplis de la même manière , les sushis bars , les étals de viande, et derrière les clients qui achètent toujours autant...
Rien non plus sur les paquets qui spécifierait que ces denrées viendraient du fukushima ... difficile de s'y retrouver.
Alors je fais ma " gadgin" et je demande si ce que j'achète ne vient pas de Fukushima, "parce que vous savez, l'accident ..." oui ils savent mais c'est à bas mots qu'ils le disent, pour me rassurer , comme on rassure une enfant.
Et puis je parle, aux étrangers habitant ici , aux japonais qui habitent Tokyo , et je me rend compte que tout le monde reste concentré sur le drame du Tsunami et cherche avant tout à aider cette région ;
Tous les gens que je connais ont au moins été une fois à Fukushima pour aider à déblayer une région entière , pour retirer des maisons ce qui était boue et qui est en train de devenir pierre, une croute nauséabonde faite de débris de bois, de glace, d'humains, de pétrole , de tout ce que la mer à fracassée .L'odeur, est surtout ce qu'ils racontent mais aussi l'accueil magnifique des gens.
Alors à côté de ça le nucléaire devient une expression égoïste autant qu'un problème insoluble , donc inutile d'y penser.Chacun s'en est arrangé à sa manière et beaucoup on décidé de faire confiance au gouvernement , plus par facilité que par conviction , parce que la vie continue et qu'il faut bien la suivre.
Je me sens décalée, comme un espoir brisé, un " tout ça pour ça" , et je sais pourquoi là n'est plus ma place.
J'ai hâte de retrouver kamakura et Hayama et en attendant je me réfugie dans les bras de la petite maison lapetitemaisondevalerie.blogspot.com

Inaka Deluxe Icone

Pour ceux qui connaissent Tokyo vous connaissez Super Deluxe à Roppongi http://www.super-deluxe.com/, parce que c'est là que tout se passe tout simplement, c'est là que les idées les plus alternatives se font entendre, que les langues se délient pour inventer l'espoir urbain.
Et bien depuis quelques années, il y a Inaka deluxe project qui a commencé à Kamakura yama house , où j'habite depuis mon retour au Japon.
David est un artiste designer et a décidé d'arrêter de travailler pour se consacrer à l'agriculture " naturelle"inspirée par Matsunobu Fukuoka et kawaguchi.
Autour de ce potager et depuis maintenant 5 ans, les artistes, les penseurs et musiciens de la région se sont rapprochés dans ce Super inaka deluxe, pour rêver l'espoir des campagnes après celui des villes.
Après le 11 mars, David et son accolyte Phil, qui a crée 4 potagers en permaculture dans la région , sont allés à Kama ishi, l'une des régions dévastées par le tsunami et y ont reconstruit un potager , crée un four à pizza pour aider la communauté locale.
Junpei , un boulanger de Kamakura , qui a aussi habité au début dans la Kamakura Yama House , est venu les rejoindre pour faire du pain et participer à cet Art Eco projet.
L'idée est de partager ses ressources , vivre avec peu d'argent et créer les sources de revenus nécessaires principalement dans l'enseignement de l'agriculture naturelle et l'art, pour que cet argent deviennent un flux d'énergie à l'intérieur d'une communauté , un lien entre les personnes et non un échange déshumanisé.
La nature donne plus que ce dont nous avons besoin et , selon David, nous devrions pouvoir appliquer ce principe à notre sociéte et à notre économie et vivre dans l'abondance alors qu'on nous a appris le contraire.
voici le blog de café cosmo project qu'ils ont crée là bas:
https://docs.google.com/document/d/1d8907IMY__6uv42QVNkLtiSE252KEG8BFZiB2vn8bn0/edit